Jeudi 21 août 2008
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PS 77

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PS77 Actualités Le mot du 1er Fédéral
 ( Auteur : Emeric BREHIER )
 

Quel pouvoir d'achat?

A l’orée de cette nouvelle année 2008, et alors que les fêtes sont désormais derrières nous, la question du pouvoir d’achat demeure pleine et entière. Le Président de la République a été élu par une majorité de Français le 6 mai dernier sur la promesse d’une amélioration des revenus de chacun – son célèbre « travailler plus, gagner plus ». A cette fin, avant l’été, la majorité parlementaire a voté un projet fiscal de près de 15 milliards d’€.


Celui-ci était censé provoquer ce choc de confiance indispensable à la relance de la machine économique. Depuis lors, ce choc est toujours à l’état d’espérance, nullement réalité. Mais, ceci pourrait encore ne pas être critiqué s’il y a quelques semaines, le Président n’avait indiqué aux Français que l’Etat ne disposait d’aucune marge de manœuvre pour répondre à leurs légitimes attentes. Eh oui, nous disait-on les caisses sont vides ! Il faudra donc attendre. C’est cette erreur que les socialistes dénoncent avec raison. Mais loin de se contenter de les dénoncer, ils proposent d’autres mesures qui, prises avant l’été, auraient plus sûrement permis de restaurer la confiance de nos concitoyens, confiance sans laquelle on le sait nul sursaut économique ne peut perdurer. La réussite de la relance de 1997 rappelle à ceux qui l’oublient un peu vite que le politique peut et doit jouer son rôle en la matière.

Avant de prendre des mesures dont on souhaite qu’elles influencent la vie quotidienne des Français, encore faut-il diagnostiquer les défauts de la croissance. Ils sont, me semble-t-il, essentiellement de deux ordres. Tout d’abord, et on l’oublie trop fréquemment – y compris à gauche – notre économie connaît un réel problème de compétitivité structurelle. Croire que l’on pourra le résoudre en pressurant les salaires, ou même en facilitant plus encore l’usage des heures supplémentaires, est une vue de l’esprit. La faiblesse structurelle de notre économie apparaît d’ailleurs avec force, malheureusement, à chaque annonce du déficit de notre commerce extérieur. Certes, un € sur-coté n’est pas un atout pour une part de notre économie – et, plus particulièrement pour l’industrie – mais lorsque l’on sait que plus de 75 % de nos échanges se font avec nos partenaires européens, on voit bien que la puissance de l’€ ne joue pas ici. Ensuite, notre économie souffre de la faiblesse du pouvoir d’achat des Français, et singulièrement des classes moyennes et populaires. La stagnation salariale couplée avec des créations d’emplois très faibles ces 5 dernières années ont conduit les ménages à un pessimisme et à une crainte en l’avenir tels que les ressorts de consommation ont été profondément atteints. Quant s’ajoutent à cela les hausses répétées des biens de base comme les loyers, le gaz et l’électricité, sans même évoquer l’essence et in fine, l’explosion du prix des denrées alimentaires de base comme le pain, les pâtes et le riz, on comprend que le quotidien de nos concitoyens soit de plus en plus contraint.

Au lieu donc de financer de nouvelles mesures fiscales profitant aux plus aisés, de diminuer encore les droits de mutation alors que 90 % des successions en étaient exonérées, au lieu de mettre en place un dispositif coûteux sur des heures supplémentaires inexistantes, etc… d’autres mesures auraient assurément plus d’impact sur le moteur économique français.

Face à la baisse des revenus

- Majorer la prime de l’emploi de 50 % dès 2007. Perçue par 9 millions de contribuables modestes, elle permettrait à ces ménages de disposer d’un 13ème mois. Elle coûterait 6 fois moins cher que le bouclier fiscal.

- Instaurer un malus sur les entreprises qui abusent du travail à temps partiel et des emplois précaires à hauteur de 10 % des cotisations pour les entreprises de plus de 20 salariés.

Face à l’infiltration des prix de l’énergie

- Créer un véritable chèque pour les transports
- Rétablir la TIPP flottante afin de lisser les hausses continues des prix du pétrole
- Bloquer les loyers au niveau de l’inflation pour 2008 afin de négocier la création d’un bouclier logement pour limiter le coût des loyers dans le revenu.

Voici quelques mesures qui, accompagnées de l’abrogation des franchises médicales (véritables taxes sur les malades), et le maintien de l’exonération de la redevance TV pour les personnes âgées aux revenus modestes, permettraient sans doute de provoquer un véritable choc de croissance ! On ne peut d’ailleurs que se féliciter que 2 jours après avoir voté comme un seul homme son abrogation, les députés UMP aient finalement décidé le maintien de cette exonération de la redevance TV.

Viendront ensuite les mesures structurelles afin de mettre notre pays sur la voie d’une croissance plus forte. Mobilisation en faveur des Universités, réforme de la formation professionnelle avec mise en place d’une réelle sécurité sociale professionnelle, mobilisation des fonds publics en faveur des entreprises innovantes, soutien à l’exportation des petites et moyennes entreprises. Bref, réorienter la dépense publique là où elle est nécessaire et lui assigner sa mission première : être un agent d’accompagnement et de régulation. C’est ainsi que l’égalité des destins de chacun sera respectée. C’est ainsi que la peur des lendemains pourra refluer.




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